À quelques kilomètres de Yazd, deux collines désertiques dominent le paysage. À leur sommet se trouvent les Tours du Silence de Yazd, connues en persan sous le nom de Dakhmeh-ye Zartoshtiyun.
À première vue, ces structures circulaires semblent presque mystérieuses. Mais leur fonction était profondément liée aux croyances religieuses et à la conception zoroastrienne de la pureté.
Dans le zoroastrisme traditionnel, la terre, l’eau et le feu sont considérés comme des éléments sacrés. Le contact d’un cadavre avec ces éléments devait donc être évité. Plutôt que d’enterrer ou de brûler les morts, les corps étaient autrefois transportés vers une dakhma, généralement construite sur une hauteur éloignée des zones habitées.
Le corps était alors exposé aux éléments naturels et aux oiseaux charognards. Après la disparition des tissus, les os étaient recueillis et déposés dans une fosse située au centre de la structure. Cette pratique est connue sous le nom d’exposition funéraire.
L’architecture de la dakhma répondait elle aussi à cette fonction. La plateforme circulaire était organisée en différentes zones concentriques destinées à disposer les corps selon les traditions rituelles. Au centre se trouvait l’ossuaire, où les restes osseux étaient finalement déposés.
Ce qui est particulièrement intéressant, c’est que ces tours n’étaient donc pas de simples « cimetières » au sens moderne du terme. Elles faisaient partie d’un système religieux complexe destiné à éviter que le corps humain, considéré comme impur après la mort, ne contamine les éléments naturels sacrés.
Les Tours du Silence de Yazd ont cessé d’être utilisées au XXe siècle, lorsque les pratiques funéraires zoroastriennes ont progressivement changé et que l’utilisation des cimetières s’est généralisée.
Aujourd’hui, ces structures silencieuses se dressent toujours au milieu du paysage désertique de Yazd. Elles permettent de comprendre une partie essentielle de l’histoire du zoroastrisme et témoignent de la manière dont une société ancienne associait religion, environnement et pratiques funéraires.
Le site est également lié à l’identité historique de Yazd, une ville où le zoroastrisme, le judaïsme et l’islam ont coexisté au fil des siècles. L’UNESCO considère d’ailleurs la ville historique de Yazd comme un témoignage exceptionnel de la diversité culturelle et religieuse de la région.
Mais peut-être que le plus fascinant est ailleurs.
Au sommet de ces collines, il n’y a ni palais monumental ni grande façade décorée. Seulement la pierre, la terre, le vent et une architecture conçue pour accompagner le dernier voyage de l’être humain.
Les Tours du Silence de Yazd ne racontent pas seulement comment les anciens Zoroastriens traitaient leurs morts. Elles racontent aussi comment ils concevaient la vie, la nature et la pureté.